Un portrait bref du repreneuriat au Québec

Un portrait bref du repreneuriat au Québec

Pendant le Sommet international du repreneuriat, Daniel Gagné du Ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, a pu nous dresser un portrait du repreneuriat au Québec afin de lancer cette première édition. Son introduction a lancé les débats et laissé place à un échange « international » basé sur la transmission d’entreprise à travers le monde et représenté par nos différents invités.

sommet repreneuriat

Un constat qui ne surprend personne

Sans grande surprise, le déclin en matière de reprise d’entreprise a commencé depuis plusieurs années. En 2008, le Québec pouvait recenser 186 000 entrepreneurs. En 2018, nous passerons à environ 161 000 entrepreneurs. Sur 10 ans, plus de 20 000 chefs d’entreprise vont disparaître de notre écosystème. De plus, l’âge moyen des entrepreneurs était de 43 ans en 1987 versus 49 ans en 2016. L’augmentation de l’âge moyen accompagnée d’une diminution de candidats entrepreneurs annoncent une accentuation des fermetures d’entreprises et un impact sur l’emploi. L’objectif commun repose sur le développement d’actions concrètes pour trouver une relève suffisante et engagée.

 

Un écosystème à deux profils

Ces données basées sur des enquêtes et des données scientifiques ont, aussi, établi deux profils types : les arrivées et les départs.

Les arrivées, les personnes qui ambitionnent de créer ou reprendre une entreprise, ont tendance à être à la baisse car leur intention ne se concrétise pas forcément. Nous pouvons justifier ce non-aboutissement de projet par un manque de sensibilisation et d’information auprès des éventuels entrepreneurs.

En effet, les difficultés rencontrées par de potentiels candidats passent par le manque d’accompagnement dans le processus de création ou de transfert d’entreprise et également, par le manque de connaissances dans certaines disciplines comme la recherche de financement ou les aspects juridiques.

Les départs, les personnes qui vendent, transmettent ou ferment leur entreprise, sont à la hausse dû à leur vieillissement. Il y a, depuis plusieurs années déjà, un accroissement des entrepreneurs approchant de l`âge de la retraite. En 2015, plus de 60 000 entrepreneurs étaient âgés de 55 ans et plus. Il s’agit d’une tendance commune au sein des pays de l’OCDE soit les pays industrialisés.

 

Le Québec en retard face au reste du Canada

Pour déterminer l’origine des départs, trois grandes causes ont été identifiées :

  • la retraite à 45%,
  • la vente ou la fermeture de l’entreprise à 42%,
  • la maladie à 12%.

Si nous comparons avec le reste du Canada, 67% des départs sont liés à la retraite versus 45% pour le Québec. La vente ou la fermeture des entreprises représente 26% au Canada versus 42% au Québec.

En 2011, les plans formels de relève s’élevaient à 13% pour le Québec et 26% dans le reste du Canada. Le niveau de préparation des entrepreneurs semble moins significatif que le reste du pays ce qui demande l’accentuation des efforts pour préparer l’avenir au mieux et assurer notre économie florissante.

 

Le Centre de transfert d’entreprise du Québec contre-attaque

Pour sensibiliser davantage les cédants et accompagner au mieux les futurs repreneurs, le Ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation a créé le Centre de transfert d’entreprise du Québec.

L’organisme agit depuis 2015 auprès des différents acteurs du marché du transfert d’entreprise afin de déployer un accompagnement spécifique dans les deux cas de figure, la transmission ou la reprise, et développer des outils adaptés pour faciliter le processus et assurer la pérennité des entreprises québécoises.

Actuellement, chaque région possède un référent en transfert d’entreprise nommé conseiller et qui intervient au niveau local pour mettre en relation les entrepreneurs d’aujourd’hui et de demain. Ce maillage rentre dans une logique de préservation des entreprises et de l’emploi et, incite les porteurs de projet à se lancer tout en ayant un soutien du CTEQ pour réussir leurs ambitions.
Un INDEX en ligne est, également, disponible pour commencer ses recherches et lancer les prises de contact avec en appui le conseiller CTEQ. La plateforme se veut confidentielle et garantit l’anonymat. Les outils par profil sont en plein développement et incluent déjà une offre de formations à destination des cédants et des repreneurs.

Dernièrement, le CTEQ a lancé le Sommet international du repreneuriat pour défendre l’importance de la relève, toucher plus d’acteurs et s’inspirer des bonnes pratiques à travers le monde. Grâce aux échanges, l’événement veut solliciter la fibre entrepreneuriale et inspirer aussi bien les cédants que les repreneurs à penser à un avenir commun et prometteur.

Daniel Gagné est directeur général des services aux entreprises et à l’entrepreneuriat au Ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation. En mai 2016, il a reçu le prix Gestionnaire-Leader de l’Alliance des cadres de l’État. Ce prix de reconnaissance lui a été remis notamment pour le leadership dont il a fait preuve dans la mobilisation des nombreux partenaires pour mieux servir les entreprises de la région de Montréal.

14 septembre 2017|Paroles d'experts|